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mASSACRES EN PALESTINE

Cela fait des semaines que nous avions prévu de rendre hommage à travers cette chronique au grand artiste-peintre Choukri Mesli de son vivant. Les contraintes du calendrier philatélique et des événements nous en ont empêchés.

Choukri Mesli, qui mérite pourtant mieux qu’un simple hommage, est finalement parti en silence le 13 novembre dernier dans un hôpital parisien à l’âge de 86 ans. Il l’a fait discrètement, comme il l’était durant toute sa très riche carrière artistique. Dans l’histoire de la philatélie algérienne, comme dans celle de l’art, Mesli a toujours été parmi les pionniers. Il laissera ses éternelles empreintes. Mais il est encore regrettable de constater que malgré sa stature et son énorme contribution, il n’aura fait que quelques apparitions sur les timbres de son pays. L’enfant de Tlemcen connaîtra le même sort que les autres pionniers de l’art moderne algérien, à l’exemple de Baya et Issiakhem, dont on retrouve rarement les œuvres sur les timbres algériens, mais surtout Abdallah Benanteur et l’illustre Mohamed Khadda, complètement absents. Professeur de peinture à l’Ecole des beaux-arts d’Alger en 1962, membre fondateur en 1963 de l’Union nationale des arts plastiques (UNAP), Choukri Mesli est le deuxième peintre algérien à figurer sur le catalogue philatélique national après Ali Ali Khodja.

Sa première œuvre sera le timbre n°33, émis le 25/5/1964 à l’occasion de la Journée de l’Afrique, sorti de l’imprimerie des PTT à Paris. Un timbre fortement emblématique, dont la touche de l’artiste est clairement apparente, à une époque marquée par un engagement de l’Algérie aux côtés des causes des pays colonisés. Cette présence précoce ne durera pas longtemps. Mesli ne réalisera en tout que cinq timbres très liés à la symbolique historique en Algérie et dans le monde.

Le 27/9/1964, il signera le timbre marquant l’inauguration du complexe pétrochimique d’Arzew, considéré à l’époque comme l’un des premiers défis industriels du jeune Etat algérien. Mesli marquera également de son empreinte la célébration de la Charte des enfants sur une figurine émise le 11/12/1964, avant de réaliser un timbre historique à l’occasion de la célébration, le 7/6/1965, de l’anniversaire de l’incendie de la bibliothèque de l’université d’Alger, perpétré trois ans plus tôt par les membres de l’OAS, détruisant un fonds documentaire de 500 000 ouvrages.

Mesli bouclera sa précieuse contribution dans l’histoire philatélique algérienne par un dernier timbre émis le 24/9/1966, pour rappeler les massacres commis par les groupes sionistes dans le village paisible de Dir Yacine le 9 avril 1948. Toutefois, Choukri ne cessera guère de produire des œuvres d’art et des fresques et participera à diverses expositions en Algérie, jusqu’à la vague d’assassinats des intellectuels algériens durant la sinistre époque du terrorisme. Il sera forcé à l’exil en France, où il s’est installé en 1994. Très sollicité un peu partout en France, artiste reconnu et très estimé, Mesli sera frappé d’amnésie dans son propre pays, cette maudite amnésie qui continue de ronger la mémoire collective et dont les principales victimes sont nos femmes et hommes de culture. Il ne sera tiré de l’oubli que le jour de son retour, mais dans un cercueil. Un timbre en son hommage serait fort louable. Ce ne serait que justice rendue au dernier des Mohicans de l’art moderne algérien.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 21/12/2017 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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