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Revolution

Nous n’avons cessé de soulever dans ces chroniques la question de l’absence flagrante de la «vraie» histoire de l’Algérie sur les timbres postaux. Nous avons de tout temps appelé à une « vulgarisation philatélique» de l’histoire sur cette vignette qui parcourt le monde à travers le courrier et fait connaître notre culture aux autres. Une revendication qui semble avoir été entendue, grâce un bloc feuillet émis le 5 juillet pour célébrer le 55e anniversaire de l’indépendance.

Il serait juste aussi de rappeler que la revue Philnews avait fait de cette revendication son cheval de bataille et une constante de sa ligne éditoriale, tout au long des quinze années de sa parution, en sus des nombreuses correspondances et propositions d’émissions dans ce sens à l’adresse de la direction d’Algérie Poste et du service philatélique. Parmi les quelques philatélistes qui y ont souscrit, Hamid Istitène, le dernier président de la défunte Association des collectionneurs d’Alger (ACA), était le plus engagé et le plus actif.

Cette initiative, qui consacre pour la première fois une émission aux batailles de la Résistance populaire et de la Guerre de Libération survient après des décennies de carcans allégoriques et de timbres plagiés. Une première à saluer, mais à perpétuer à l’avenir. Cependant, cette émission appelle quand même des observations. On ne comprend pas encore sur quelle logique historique a été fait le choix de ces batailles. Ce bloc feuillet ne fera, par contre, que dérouter les collectionneurs, surtout ceux qui s’intéressent aux thématiques historiques.

Comment vont-ils se retrouver avec un bloc feuillet rassemblant à la fois des événements historiques de deux périodes complètement différentes ? En plus de cela, cette série va poser un sérieux dilemme pour les participants aux expositions philatéliques. Ils ne sauront pas où placer ce feuillet qui semble perturber la chronologie historique. Il aurait été souhaitable de la part de ceux qui ont pensé à cette émission d’étudier la question judicieusement avant de s’engager.

Le choix d’un bloc feuillet n’a jamais été une bonne idée. Cette pièce philatélique a toujours été encombrante dans les albums et sur les enveloppes premier jour (FDC). Pourquoi ne pas avoir programmé carrément des séries de timbres consacrées uniquement aux batailles de la Résistance populaire (1830-1916), en suivant l’exemple des séries des années 1980 «Vues de l’Algérie avant 1830», puis faire de même pour les batailles de l’ALN (1954-1962).

Une option qui n’aurait déçu personne, tout en apportant un plus au catalogue philatélique algérien. Dans le bloc feuillet en question a été célébrée la bataille de Kheng Ennetah, la première menée par l’Emir Abdelkader en 1832 contre les troupes de l’armée française durant la colonisation de l’Algérie. Elle porte le nom du lieu où elle s’est déroulée, situé aux portes d’Oran.

On retrouve également la bataille de Bir El Gharama (le puits du tribut), livrée par les Touareg du Sud, dirigés par le Cheikh Amoud, qui ont mené un assaut le 16 février 1881 à Oued Tin Trabin contre la mission militaire d’exploration commandée par le colonel Flatters. La caravane militaire a été complètement anéantie. Cheikh Amoud, qui s’est opposé à l’expansion coloniale dans le Sahara, mènera la lutte jusqu’en 1923.

Dans le volet des batailles de l’ALN, on retiendra la bataille de Aïn Zana, dans la Wilaya II historique en 1959, celle de Djebel Boukhil, en 1961, dans la Wilaya VI, et la bataille de Aïn Teskift, en 1957. On ne comprend pas pourquoi des batailles comme celle d’El Djorf, survenue dans la région de Tébessa (Wilaya I historique) n’a pas figuré dans ce bloc feuillet. Pourtant, cette bataille, déclenchée le 22 septembre 1955, soit moins d’une année après l’entame de la Révolution, est l’une des plus grandes de toute la Guerre de Libération.

Une bataille menée durant plus d’une semaine sans interruption par 400 moudjahidine, commandés par Bachir Chihani et ses adjoints, Abbès Laghrour, Adjel Adjoul et Lazhar Cheriet, contre une armée de plus de 25 000 soldats mieux armés et équipés. Une confrontation historique qui avait causé des pertes à l’ennemi estimées à 400 soldats tués et trois avions abattus. Un exploit, selon les historiens. D’autres batailles méritent bien d’être célébrées, à l’instar de celles de Djebel Bouzegza, Djebel Thameur, Settara, Souk Ahras, Djebel Bechar et autres. On espère que ce ne sera pas le début d’une autre phase d’amnésie historique.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 06/07/2017 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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