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Timbre Jeux Olympiques

L’Algérie a enfin son Musée olympique. Inauguré le 26 janvier, presque dans l’indifférence, et sans grande médiatisation, ce joyau de l’histoire sportive nationale est un précieux acquis. Un aboutissement heureux pour un vieux projet qui a pris des années pour mûrir et voir le jour. C’est aussi une belle consécration pour tous ces hommes et femmes, qui ont consenti d’énormes sacrifices et donné le meilleur d’eux-mêmes pour écrire des pages prestigieuses dans l’histoire de l’Algérie aux Jeux olympiques.

Le premier directeur de ce musée, Mohamed Lazhari-Yamani, n’est autre que le premier et l’unique athlète porte-drapeau, qui a représenté l’Algérie aux premiers jeux de son histoire, tenus en 1964 à Tokyo, la capitale japonaise. Il sera le pionnier pour d’autres générations de sportifs qui vont briller de mille feux, en remportant les médailles qui feront le bonheur de tout un pays, à une époque des plus difficiles de son histoire. Mais au fait, les jeunes générations connaissent elles cette histoire de l’Algérie aux JO ? Pas vraiment.

Côté philatélie, et même si le timbre occupe une bonne place au Musée olympique algérien, il n’en demeure pas moins que toutes les thématiques traitées se sont figées dans des allégories recyclées. Depuis les premiers timbres parus le 4/7/1968 illustrant les Jeux olympiques de Mexico en 1968, jusqu’à la dernière série sortie le 1/6/2016 portant sur l’édition de Rio de Janeiro, en passant par Munich (1972), Moscou (1980), Los Angeles (1984), Séoul (1988), Barcelone (1992), Atlanta (1996), Sydney (2000), Athènes (2004), Pékin (2008) et Londres (2012), toutes les émissions philatéliques réalisées n’ont été que des remakes reproduisant à quelques différences près les mêmes thèmes.

Sur les 23 figurines réalisées, on retrouve chaque fois les anneaux et la flamme olympiques, les éternelles colombes, et des représentations de disciplines sportives et d’athlètes en action, avec, à quelques exceptions près, des sites phares des villes organisatrices. Malheureusement, rien de spécial n’est venu glorifier les merveilleuses victoires des athlètes algériens, même symboliquement.

Mais enfin, qui se souvient encore de la rage de vaincre de Hassiba Boulmerka, déjà championne du monde en 1991 à Tokyo, qui, à l’âge de 24 ans, avait ramené à l’Algérie la première médaille d’or de son histoire, le 8 août 1992 au stade olympique de Montjuic à Barcelone. Qui se remémore encore de l’émotion de Nouredine Morceli, triple champion du monde, auteur d’une mémorable victoire au 1500 m en 1996 à Atlanta, en larmes, en écoutant jouer l’hymne national.

Qui se rappelle encore de la joie éclatante sur le ring du défunt Hocine Soltani, le boxeur le plus titré de l’histoire du sport algérien, détenteur de deux médailles (bronze et or) en 1992 et 1996, mort dans des conditions tragiques en 2002 à Marseille. Qui n’oubliera pas cet exploit retentissant de Nouria Benida Merah au 1500 m en 2000 à Sydney. L’histoire retiendra pour l’éternité les noms des deux boxeurs Mustapha Moussa et Mohamed Zaoui, premiers médaillés dans les annales de la participation algérienne, avec deux médailles de bronze aux Jeux de Los Angeles en 1984.

Des athlètes frappés par l’amnésie et l’ingratitude. On n’oubliera pas de rappeler ce que la boxe a donné à l’Algérie grâce à Mohamed Bahari, médaillé de bronze à Atlanta en 1996, et Mohamed Allalou, médaillé de bronze à Sydney en 2000. Cette dernière édition, qui a vu l’émergence d’une génération d’athlètes de grande classe, à l’instar de Ali Saïdi Sief, médaillé d’argent au 5000 m, Djabir Saïd-Guerni et Abderrahmane Hammad, médaillés de bronze respectivement au 800 m et au saut en hauteur.

En 2008 à Pékin, ce sont les judokas Amar Benyakhlef et Soraya Haddad qui sauveront la face, en décrochant l’argent pour le premier et le bronze pour la seconde. Tout cela sans oublier le parcours fabuleux de l’enfant de Souk Ahras, Toufik Mekhloufi, unique athlète algérien à ce jour à avoir raflé trois médailles olympiques, une en or en 2012 à Londres et deux en argent en 2016 à Rio de Janeiro. Tous ces moments glorieux vécus dans l’histoire du plus grand événement sportif de la planète n’ont jamais inspiré ni nos dessinateurs ni les décideurs au service philatélique d’Algérie Poste.

(Article publié par le quotidien EL-WATAN, le 02/02/2017 : Cliquez-ici pour le consulter.)

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